Les BD western du festival d'Angoulême : Gus 4


Bien que faisant partie de la sélection officielle de l'édition 2018 du Festival de la bande dessinée d'Angoulême, l'album "Happy Clem", 4e tome de la série western "Gus" (Dargaud) de Christophe Blain, n'a pas décroché de prix. Ce qui n'a pas empêché le genre d'être fortement représenté lors de l'événement, grâce à des auteurs et dessinateurs renommés qu'Un Indien au Phare Ouest a rencontrés. Après Yves Swolfs, Hugues Micol, Hermann et Dimitri Armand, Christophe Blain conclut cette rétrospective des albums western du Festival de la bande dessinée d'Angoulême en évoquant sa passion pour le genre. 

Le 4e tome de Gus paraît plus sombre que les précédents ? 

C'est une évolution naturelle que j'avais prévue depuis longtemps. Car, quand je crée des personnages, je les découvre, puis je m'attache à eux et je m'intéresse à leur vie quotidienne. Au point d'être de plus en plus proche d'eux et de voir d'où ils viennent et là où ils vont. Et comme dans la vie de n'importe qui, je constate les fêlures, les tortures, les ambiguïtés. Ce qui donne probablement aux personnages de Gus ce caractère sombre, même s'ils conservent tout de même un caractère loufoque. Mais, cette tonalité sombre a été progressive, au fur et à mesure des trois premiers tomes. D'autant que les personnages vieillissent et donc se posent des questions et perdent certaines de leurs illusions. 
 

Pourquoi caricaturer des acteurs de westerns américains dans cette série ?

Par plaisir, parce que ce sont des acteurs qui m'ont tellement fasciné quand j'étais môme, que j'ai eu envie de les utiliser comme personnages dans ma bande dessinée. Aussi, parce que, pour ceux qui interviennent dans des scènes plus ou moins importantes, j'avais besoin qu'ils aient un caractère, une voix, tels que j'imaginais qu'ils jouaient au cinéma. Donc, je me suis amusé à restituer leur tête et même parfois leur nom, soit d'acteur ou soit celui des personnages qu'ils interprétaient à l'écran. Parce que ces acteurs appartiennent à mon histoire personnelle en fait. 

Vous évoquez la voix des acteurs de westerns américains, mais pour vous c'étaient celles des doubleurs français… 

Le doublage, c'est très intéressant, parce cela donne des façons de parler, des dialogues écrits d'une manière étrange et qui a énormément de goût. Quand on est môme, on ne connaît que la version française des dialogues, mais on sent qu'il y a quelque chose d'étrange dans cette façon de parler. Et moi, elle m'a très marqué, dans ma manière d'écrire les dialogues, car elle est très amusante à explorer et très créative.


Dans ce 4e tome de Gus, vous accordez encore plus de place aux femmes, pourquoi ?

Oui, parce qu'il y a deux personnages féminins que j'ai eu plaisir à traiter : une romancière et sa petite fille. La romancière, Ava, est l'un des personnages de l'album auquel je me suis le plus identifié, parce qu'en fait c'est moi, particulièrement quand elle écrit. De plus en plus dans mes albums, j'essaie de mettre en scène des femmes, hors de la présence des hommes. Ce qui n'est pas évident, car j'ai du mal à imaginer comment elles sont dans cet univers western et ce qu'elles peuvent vivre et penser lorsqu'elles sont seules. Mais, j'essaie de les rendre les plus crédibles possibles. J'aime ces personnages qui sont, à la fois, les plus proches de moi et les plus mystérieux. J'aimerais les développer encore plus dans mes prochaines histoires. 

L'un des personnages féminins de ce 4e tome, Isabella, va même jusqu'à braquer une banque mieux encore que ne le ferait un homme… 

Oui, elle le fait mieux et devient une sorte de gangster dilettante et même une femme d'affaires. Ce qui est étonnant, alors qu'elle continue d'être fascinée par le personnage de Clem, le beau bandit-dandy avec lequel elle a une aventure. Ce dernier reconnaît d'ailleurs qu'elle est un génie et lui n'est qu'un loser. C'est une manière de restituer l'image que l'homme et la femme se renvoient, mais qui génère toujours un malentendu, car on se trompe. Et cela m'a plus de montrer que la femme et la maîtresse du héros se débrouillent beaucoup mieux que lui.

Donc le 5e tome à venir, « Rose », c'est le prolongement de cette idée ? 

Dans « Rose », on verra d'autres personnages et Clem sera moins présent. Ses compagnons, Gus et Gratt, vont revenir sur le devant de la scène, alors qu'ils n'étaient pas là dans le tome 3. Mais, comme je travaille sur plusieurs projets en même temps [notamment, un nouveau Blueberry scénarisé par Joan Sfar à paraître fin 2018 - NDR], je suis incapable de vous dire quand le 4e tome sortira et je ne promets plus rien. Mais, maintenant, je vais publier les albums à venir de la série Gus, de manière beaucoup plus régulière.

Propos et photo recueillis par Herve CIRET

Les BD western du festival d'Angoulême : Texas Jack


Si deux albums western faisaient partie de la sélection officielle de l'édition 2018 du Festival de la bande dessinée d'Angoulême, aucun n'a décroché de prix. Ce qui n'a pas empêché le genre d'être fortement représenté lors de l'événement, grâce à des auteurs et dessinateurs renommés qu'Un Indien au Phare Ouest a rencontrés. 

Après Yves Swolfs, Hugues Micol et Hermannc'est Dimitri Armand, le dessinateur  de "Sykes", qui évoque son prochain album, "Texas Jack" - également scénarisé par Pierre Dubois - dont la sortie est prévue en novembre 2018, aux éditions Le Lombard.


Après "Sykes", vous récidivez avec un nouvel album western ?

Texas Jack
Oui, parce qu'avec le scénariste Pierre Dubois, nous avons vraiment adoré travailler ensemble sur l'album "Sykes" et nous voulions poursuivre notre collaboration. Nous aurions pu raconter la jeunesse de Sykes ou raconter l'histoire d'autres personnages de cet album. Mais, Pierre Dubois et moi souhaitions trouver un concept qui tienne la route. Aussi, Pierre a-t-il pensé à raconter l'histoire de John Baker Omohundro, dit Texas Jack - dont il est fait mention dans "Sykes" - en faisant un parallèle entre la vie de  cette légende de l'Ouest, connue de tous, et Sykes héros imaginaire qui résout les problèmes, mais dans l'ombre. Donc, le prochain album raconte l'histoire de Texas Jack, avant celle de Sykes. 
 
Graphiquement, ce second album a évolué par rapport à Sykes ? 

Les changements graphiques majeurs sont intervenus dans le premier tome, parce que sa réalisation s'est étalée sur six ans et que je faisais d'autres albums en parallèle. Donc, entre les premières et les dernières pages de Sykes, on constate une réelle différence. Mais, sur "Texas Jack", graphiquement ce sera un peu plus régulier, parce que l'album va faire, à priori, 119 pages et que je le dessine en un peu moins de deux ans. Donc, ce second album sera graphiquement plus cohérent.

Quelles sont vos références westerns, comparées à celles de Pierre Dubois qui est d'une autre génération ? 

Quand j'ai commencé l'album "Sykes", j'avais vraiment peu de références western, car, c'était un univers qui ne m'avait pas particulièrement interpellé auparavant. J'avais vu quelques séries TV comme "Deadwood" qui m'a beaucoup plu. Mais, je n'avais jamais vu des westerns modernes, comme « L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford ». Or, sur "Texas Jack", j'ai eu vraiment l'occasion de visionner beaucoup de westerns de l'âge d'or, comme ceux de John Ford. Avec du recul, j'ai mieux compris les références qu'avait distillées Pierre Dubois dans "Sykes". Je ne le regrette pas, parce que, du coup, j'ai dessiné "Sykes" en étant vierge de toute référence, sans chercher à faire ressembler mes personnages à des acteurs ou à chercher des références graphiques à certains westerns. Je trouve cela plus intéressant d'amener un œil complètement nouveau. Je sais que si, aujourd'hui, je dessinais un western, fort de l'expérience acquise, je serai tenté de dessiner tel ou tel acteur ayant un charisme, comme Gary Grant, par exemple, et cela aurait été dommage finalement. 


Comment travaillez vous avec le scénariste Pierre Dubois ? 

Pierre Dubois
Le plaisir de travailler avec Pierre Dubois, c'est de jouir d'une extrême liberté. Car, son histoire est écrite comme une nouvelle et n'est donc pas découpée page par page, comme un scénario de BD classique. Du coup, j'ai tout mis en scène, fais le découpage de l'album. J'ai donc vraiment pu m'exprimer comme je voulais au niveau du storyboard et Pierre Dubois a très vite adhéré à mes propositions. 
 
Votre dessin enrichit visuellement le scénario ? 

C'était l'ambition de notre éditeur de confronter la vision très documenté de Pierre Dubois sur le western, avec celle de quelqu'un comme moi qui n'avait pas cette culture-là, mais pouvait renouveler le genre avec un dessin moderne. Ce qui était une très bonne idée, parce que des BD western qui rendent hommage au genre, il y en a déjà énormément et ce n'était vraiment pas la peine d'en rajouter. Donc, si j'ai réutilisé les codes du western et ses représentations, que nous connaissons tous, comme le cow-boy, le marshall, j'ai tenté d'y apporter un regard neuf, même si l'histoire peut paraître classique dans sa structure. Si bien que certains personnages de "Texas Jack" vont ressembler à ceux que j'ai pu faire dans d'autres BD, car on y reconnaît mon style graphique, sans y retrouver des références voulues à tel ou tel acteur de western. Ce qui permet d'apporter un peu de fraîcheur dans le genre, et de se différencier des autres albums western.

Propos et photo recueillis par Herve CIRET, lors de l'édition 2018 du Festival de la bande dessinée d'Angoulême

A lire également : interview de Christophe Blain (Gus t.4)

Il y a 214 ans, les USA entraient en guerre pour la première fois de leur histoire


C'est un épisode peu connu de la guerre contre les pirates barbaresques (1801-1805), au large de l'actuelle Libye. Il s'est déroulé, lors du premier conflit engagé par les Etats-Unis, après leur indépendance. Le 16 février 1804, le navire américain "USS Intrepid", commandé par le lieutenant Stephen Decatur, avec 60 hommes à son bord, pénètre de nuit dans le port de Tripoli (Libye). Sans tirer un seul coup feu, il neutralise l’équipage pirate ayant capturé le navire américain "USS Philadelphia", puis incendie ce dernier (illustration ci-contre), avant de regagner le large à bord de l'"USS Intrepid", sans être inquiété. Un haut fait d'arme qui a valu au lieutenant  Stephen Decatur d'être considéré comme l’une des gloires de l’US Navy.

Un an auparavant, l'"USS Philadelphia" a participé au blocus du port de Tripoli, ordonné par les Américains, en représailles aux attaques de leurs navires et du rançonnage de leurs équipages, par les pirates de la Régence Libyenne. Car, le Président des Etats-Unis, Thomas Jefferson, a refusé de leur payer un tribut. 

Stephen Decatur
Mais, s'étant échoué sur des récifs, l'"USS Philadelphia" a été capturé et intégré à la flotte barbaresque. D'où l'opération lancée par le lieutenant Decatur, afin de ne pas  laisser un navire américain aux mains des pirates barbaresques. Après la signature d'un traité, en 1805, avec les Tripolitains, les Etats-Unis sont exemptés de leur payer un tribut. A partir de cette date, une escadre américaine mouille en permanence en Méditerranée. Mais, une seconde guerre contre les pirates barbaresques éclatant en 1815, une expédition navale est de nouveau conduite par Stephen Decatur, cette fois-ci, contre le Dey d’Alger. 

A noter que trois autres navires de l'US Navy porteront, par la suite, le nom de l'"USS Intrepid". Le dernier d'entre eux étant le porte-avions mis en service en 1943, opérationnel lors de la guerre du Pacifique et celle du Vietnam, avant d'être utilisé pour récupérer les navettes spatiales des programmes Gemini et Mercury de la NASA. Désarmé en 1974, il est  devenu un navire-musée amarré au quai 86, dans le port de New-York.

Il y a 240 ans, la France reconnaissait le drapeau américain


C'est un noble breton, Luc Urbain du Bouëxic, comte de Guichen, qui fut le premier à reconnaître le drapeau américain, le 14 février 1778, dans le port de Quiberon (Morbihan). L'officier de marine français, qui s'est distingué, précédemment, durant la guerre de sept ans, en Nouvelle-France, contre les Anglais, donne l'ordre d'envoyer une salve de coups de canon, pour saluer, au nom de la France, le premier vaisseau américain, l'"USS-Ranger" (peinture d'Edward Moran/1829-1901).  

Commandé par le capitaine John Paul Jones, de la Continental Navy, ce sloop de guerre arbore le "Stars and Stripes", orné de seulement 13 étoiles, représentant les 13 Etats américains de l'époque. Il s'agit de la première reconnaissance de la jeune république américaine par un état étranger, moins de deux ans après sa déclaration d'indépendance. 



John Paul Jones
Luc Urbain du Bouëxic
Six jours auparavant, la France et les États-Unis ont signé un traité d'alliance et un traité d'amitié et de commerce. A bord du "USS-Ranger", le capitaine américain John Paul Jones vient, en baie de Quiberon, prendre livraison des navires que la France cède à ses nouveaux alliés. C'est en arrivant en vue de la flotte française que le capitaine américain, comme c’est l’usage, salue d'une salve d'honneur le pavillon du Roi de France. En réponse, le navire "Le Robuste", commandé par le breton Luc Urbain du Bouëxic, salue, à son tour, la bannière étoilée. Un mois plus tard, le 20 mars 1778, la France reconnaissait officiellement les États-Unis. 

Ce n'est donc pas le fait du hasard si le Gwenn ha Du (Blanc et Noir), le drapeau breton imaginé, dans les années 1920, par l'architecte Morvan Marchal, a de sérieuses similitudes avec le Stars and Stripes américain. Les étoiles y ont été remplacées par des hermines. Quant aux bandes rouges et blanches représentant les 13 états fondateurs des Etats-Unis, elles ont laissé la place à 9 bandes blanches et noires, couleurs traditionnelles de la Bretagne. Les 4 blanches symbolisant les régions bretonnantes de l'Ouest, et les 5 noires, le pays gallo, à l'Est.

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Dernière chevauchée pour John Gavin, le Rock Hudson du western


Principalement connu pour ses rôles au cinéma dans le péplum "Spartacus" (1961) et l'Hitchcockien "Psychose" (1960), l'acteur américain John Gavin s'est éteint le 9 février 2018, à Los Angeles (Californie), à l'âge de 86 ans. Ayant débuté sa carrière par un western, "La proie des Hommes" (Raw Edge) de John Sherwood, en 1956, aux côtés d'Yvonne de Carlo et Rory Calhoun, il fut longtemps comparé à l'acteur Rock Hudson, du fait d'une forte ressemblance physique avec ce dernier.

L'année suivante, John Gavin est aux côtés de Dorothy Malone et Fred MacMurray dans "Quantez" (1957) de Harry Keller. A nouveau un western, dans lequel des hors-la-loi braqueurs de banques font halte dans un village fantôme, à la frontière mexicaine, dont les habitants ont fui, victimes des attaques des Apaches. 

En 1964, John Gavin est le héros principal de la première saison d'une série TV western, "Destry", l'adaptation télévisée du film "Destry Rides Again" [Femme ou Démon] (1939) de George Marshall, avec Marlène Dietrich et James Stewart. Il y interprète un homme de loi qui préfère régler les problèmes de manière non-violente.

Enfin, en 1970, John Gavin tourne son dernier western, "Le Shérif de Santa Fé" (Cutter's Trail), aux côtés de Joseph Cotten. Il y joue le rôle d'un marshal, responsable de l'exécution d'un hors-la-loi, qui affronte la soif de vengeance du frère du condamné.

Dans les années 1970, John Gavin fait des apparitions dans de nombreuses séries TV : Mannix, La Croisière s'amuse, L'île fantastique, L'amour du risque. En 1981, ses origines mexicaines (son vrai patronyme est Juan Vincent Apablasa) lui valent d'être nommé ambassadeur des Etats-Unis au Mexique, par le Président et ancien acteur de western, Ronald Reagan. John Gavin arrête alors sa carrière cinématographique. Il demeure à ce poste jusqu’en 1986, avant de se consacrer à favoriser les échanges économiques entre les Etats-Unis et l’Amérique latine.



Rétromobile 2018 : rouler en Harley-Davidson de collection


Même si la moto n'est pas la vedette de l'édition 2018 du salon "Rétromobile" de Paris (7-11 février), consacré principalement à l'automobile de collection, les passionnés de Harley-Davidson peuvent y admirer de rares modèles anciens. A l'image de ceux exposés par la société Harley-Davidson Borie, implantée en Val-de-Marne. Un Indien au Phare Ouest en a rencontré le responsable de l'atelier motos anciennes « Retrobike », Pierrot Cidere.

Quel est le marché français des motos Harley-Davidson de collection ?

Du fait de la longévité de la marque, le marché de l'occasion des motos Harley a toujours existé, avec des modèles-phares de la génération des « Knucklehead », des années 1930-1940, dotés d'un magnifique moteur et dont le prix peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d'euros. Nous, nous proposons les FLH 1200, de la génération « Showel » des années 1975 à 1977, car c'est une gamme de Harley qui plaît beaucoup, car encore proposée à la vente. Nos clients en ont rêvé, quand ils étaient jeunes, parce que c'était le modèle de l'époque. A l'occasion du salon Rétromobile, nous présentons un side-car de 1925, propriété d'un client qui nous en a confié la remise en état, ainsi que deux Harley de collection : une FX série limitée du bicentenaire des Etats-Unis et une 165 ST de 1959, de cylindrée 165 cm³ (ci-dessous à droite), produite à 2311 exemplaires, aux Etats-Unis, de 1948 à 1966, sur la base de plans de la marque allemande DKW.  

Trouve-t-on encore facilement en France des motos Harley de collection ?  

Paradoxalement, on trouve plus facilement en France des Harley anciennes des années 1920-1930, que des années 1970. Car, en Europe, ce sont surtout des pays comme l'Allemagne, la Hollande et la Belgique qui ont été friands de ces modèles. Notamment, parce que la police belge a été équipée de Harley FLH de 1977 et que le prix des pièces détachées de ces motos étaient moins cher en Belgique. Ce qui fait qu'on a plus de difficultés à trouver en France, des modèles Harley-Davidson des années 1950-1960. D'autant que beaucoup d'entre eux ont été chopperisés, customisés. Ce qui fait qu'il est difficile de retrouver une moto de cette époque dans son état d'origine, y compris aux Etats-Unis.   

Vous importez des Harley-Davidson de collection des USA ? 

Oui, nous importons ces motos, via une antenne aux Etats-Unis. Ce qui nous permet de les contrôler avant de les faire venir en France et de les remettre en état. Dans la mesure où l'on passe sur de la carte grise de motos de collection, il n'y a pas d'obligation de mise aux normes actuelles. Donc, les propriétaires de Harley de collection peuvent conduire des motos telles qu'elles circulaient à l'époque aux Etats-Unis. D'autant que les motos américaines étaient déjà équipées, par exemple, de quatre clignotants, devenus obligatoires en France, seulement depuis le début des années 1980. Quant aux compteurs de vitesse, il peuvent rester en miles.  


Y a-t-il une concurrence entre le marché du neuf et de l'occasion des Harley ?  

Non, les deux marchés se complètent, car les machines anciennes impliquent de les soigner, mais tout en ayant une aptitude au roulage rapide. Donc, quelque soit la marque, ce sont des motos fiables, mais qu'il faut utiliser avec précaution, comme pour une voiture ayant 40-60 ans d'âge. Si, aux yeux de certains motards, la gamme des Harley neuves perd un peu de caractère, en revanche, elle apporte la sérénité de pouvoir aller d'un point A à un point B, avec un temps connu et assurément sans problème. Alors qu'avec la Harley ancienne, il faut s'attendre à un rupteur ou un démarreur qui lâche. Donc, les deux marchés se complètent. Car, le client va utiliser sa Harley neuve fiable durant la semaine et le week-end, chevaucher un modèle plus ancien, au caractère plus trempé, parfois en bien, parfois en moins bien.  

Quel est le profil des acheteurs de Harley-Davidson d'occasion ?

C'est un amoureux de la mécanique, comme on peut l'imaginer pour les montres de luxe, qui se dit, je vais m'offrir une Harley neuve, mais aussi celle de mon année de naissance. Ou encore, le modèle de Harley qui m'a fait rêvé dans tel ou tel film, telle ou telle série TV américaine. Mais, il n'y a pas de catégorie d'âge type. Parmi nos clients, on trouve des jeunes qui préfèrent rouler avec une moto ancienne, plutôt qu'une neuve. Et puis, ce sont souvent des gens qui veulent mettre les mains dans le cambouis, parce que c'est de la mécanique basique donc accessible. Ce qui est appréciable pour un collectionneur.

Propos et photos recueillis par Herve CIRET lors du salon Rétromobile 2018
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