Tiago Magro, street artist rock de Miami


Artiste de rue d'origine brésilienne, vivant et travaillant à Miami (Floride), Tiago Magro trouve son inspiration dans l'Amérique des années 1960 à 1980. 

Il restitue cette période de l'American Way of Life, en utilisant de multiples matériaux : pochoirs, peinture en aérosol, époxy, vernis, affiches et journaux. Et tout cela, en musique... 

A l'occasion de la Foire internationale d'art contemporain (FIAC) à Paris, dans le cadre du salon Art Shopping, à l'invitation de la Galerie Ligne 13, Tiago Magro s'est livré à une performance live, en réalisant en direct une fresque inédite. Nous l'avons  rencontré à cette occasion.


Quand votre passion pour le street art est-elle née ?

J'ai commencé à développer mon style de travail à partir d'affiches, suite à mon séjour de six ans à New-York, où j'ai commencé à faire du street art. J'ai remarqué que quand vous vous déplacez souvent dans différents endroits – ce qui a été mon cas - vous n'avez pas le temps d'y développer votre art. Aussi, vous n'avez que la possibilité d'utiliser rapidement les affiches que vous trouvez dans ces endroits. Quand j'étais à l'école, je n'imaginais pas que deviendrai un artiste, mais, alors que ce type de culture américaine était en train de disparaître, j'aimais beaucoup les affiches des années 1960, 1970, 1980 et la musique de cette époque, avec ses bonnes vibrations.

Pour quelle raison êtes-vous venu du Brésil aux Etats-Unis ?

Alors que je vivais au Brésil, où j'avais commencé des études d'art, j'ai dû suivre ma famille qui est venue vivre en Amérique. Mais, aux Etats-Unis, ma famille ne disposait pas de suffisamment d'argent pour me permettre de poursuivre ces cours. Aussi, j'ai décidé d'apprendre par moi-même en devenant artiste de rue et en continuant à travailler dans le domaine de l'art.

Comment trouvez-vous les affiches que vous utilisez ?


Plusieurs collectionneurs d'affiches m'ont autorisé à les photographier, afin d'en utiliser une copie, en les scannant, en les imprimant ou en les trouvant sur internet, pour en faire de l'art. Car, sinon on endommagerait des affiches originales qui aujourd'hui ont beaucoup de valeur.

Vous aimez la musique, car beaucoup d'affiches que vous utilisez concernent des groupes…

Disney Nation @Tiago Magro
En effet, parce que je pense que la musique fait partie intégrante de ma démarche artistique. Je ne peux imaginer peintre sans musique, car celle-ci influence considérablement mon travail. 
 
Quelles sont vos influences musicales ?  
Mes influences musicales viennent de différentes périodes, mais j'aime vraiment le rock, comme celui que jouaient les Beatles, les Doors, Jimmy Hendrix, Led Zeppelin, des musiciens que j'apprécie beaucoup. Car, c'est la musique des années 1960, 1970, 1980, avec le Old School hip-hop et ses vibrations new-yorkaises, comme les DMC's et toute la musique de cette époque. Mais, aussi, toute l'ère du glam rock avec Gun n' Roses, Iggy Pop, Scorpion et la Cool Wave, ainsi que la dance music, qui constituent mes influences.



Miami où vous vivez, est-elle une de nombreux street artists ?

Miami est sûrement l'une des scènes artistiques les plus créatives aux Etats-Unis, avec New-York et Los Angeles, qui me permet d'exporter le travail que j'exécute dans la rue, parce qu'on y est en sécurité. C'est la région d'Amérique où l'on trouve une importante communauté d'artistes, notamment, des artistes européens, ce qui en fait une place culturelle importante aujourd'hui. Mais, d'autres capitales d'Etat moins importantes que Miami, New-York et Los Angeles, comme Helena (Montana), Dallas (Texas) et Chicago (Illinois), attirent de nombreux artistes et galeries de street art , notamment, parce que la vie y est moins chère. Ce qui fait que la vie artistique aux Etats-Unis est en train de changer.

C'est la première fois que vous venez travailler en France ?

Non, c'est la seconde fois que je viens en France. La première, c'était l'an dernier. Car, j'aime la culture française, ses street artists qui me surprennent et m'inspirent quand je les vois travailler dans la rue et m'incitent à poursuivre mon art. Je n'ai pas encore eu l'occasion de rencontrer des street artists français, mais, l'animateur d'un blog sur le street art à Paris m'a renseigné sur la communauté street artist parisienne et m'a montré les différents lieux où ils travaillent. Aussi, en venant sur Paris, j'apprends beaucoup et cela m'incite à continuer de peindre, quand je serai de retour aux Etats-Unis.

Propos et photos recueillis par Herve CIRET

La carrière hollywoodienne de Danielle Darrieux


Elle avait fêté ses 100 ans, le 1er mai 2017. Danielle Darrieux, l'une des dernières actrices mythiques du cinéma mondial - à l'image des centenaires Olivia de Haviland et de Kirk Douglas - a quitté la scène pour toujours, le 18 octobre 2017. Principalement connue pour avoir interprété des rôles de jeunes filles ingénues et romantiques, dans des comédies musicales et des drames historiques "à la française", Danielle Darrieux a également fait carrière aux Etats-Unis, à l'image de Michèle Morgan, en donnant la réplique à de grands acteurs hollywoodiens. 

En 1933, le réalisateur américain de films noirs et de comédies, Billy Wilder, réalise son premier film en France et offre à l'actrice française son premier rôle "Made in USA", dans "Mauvaise graine", où elle interprète la soeur d'un chef de gang voleur de voitures, tombant amoureuse d'un fils de famille qui a mal tourné.

En 1936, c'est le rôle dramatique d'une comtesse que lui offre le réalisateur américain, Anatole Litvak, dans le film historique "Mayerling",  aux côtés de Charles Boyer, star française d'Hollywood. Le succès mondial de ce film ouvre à Danielle Darrieux les portes de l'Amérique et l'actrice française signe un contrat de 7 ans, avec les studios Universal

Danielle Darrieux tourne son premier film aux Etats-Unis, en 1938, "The Rage of Paris" (La Coqueluche de Paris) d'Henry Koster, aux côtés de Douglas Fairbanks Jr. et d'Helen Broderick. Elle y interprète Nicole de Cortillon, une jeune française cherchant à poser comme modèle. Un critique déclare alors : "Danielle Darrieux débute à Hollywood avec une grâce extrêmement nuancée, un charme dépourvu de timidité, un talent qui enchante, parce qu’elle est à l’aise et ne le brandit pas comme un drapeau." Pourtant, très rapidement, l'actrice française s’ennuie à Hollywood et préfère casser son contrat pour rentrer en France.

L'affaire Cicéron avec James Mason
Dans les années 1950, Danielle Darrieux retrouve Hollywood pour quelques films. Elle chante et danse dans une comédie musicale aux côtés de Jane Powell dans "Rich, Young and Pretty" (Riche, jeune et jolie). Le réalisateur américain Joseph Mankiewicz la choisie pour incarner une comtesse dans "Five Fingers" (L'Affaire Cicéron), aux côtés de James Mason. Enfin, Danielle Darrieux interprète la mère de Richard Burton, dans "Alexander the Great" (Alexandre le Grand) (1956) de Robert Rossen.

En 2010, entrant dans sa 93e année et rattrapée par des ennuis de santé, Danielle Darrieux décide de “raccrocher”. Le secret de sa longévité ? Elle le livre elle-même : "Une bonne tête, de bonnes jambes, un petit whisky de temps en temps, et ne se laisser emmerder par personne." L'actrice française a connu l'une des plus longues carrières cinématographiques mondiale, en débutant à 14 ans, dans "Le Bal" (1931) de Wilhelm Thiele et en tournant à 93 ans, "Pièce Montée"(2010) de Denys Granier-Deferre.


Goscinny au Far-West



L'exposition consacrée à la passion de René Goscinny pour le cinéma, à la Cinémathèque française à Paris, est l'occasion de (re)découvrir les grands classiques du western qui l'ont inspiré : de "La chevauchée fantastique" (1938) de John Ford, avec John Wayne,  au "Il était une fois dans l'Ouest" (1968) de Sergio Leone, avec Henry Fonda et Claudia Cardinale. En passant par "Le brigand bien aimé" (1939) d'Henry King, "La charge héroïque" (1949), "Rio Grande" (1950) et "La prisonnière du désert" (1955) de John Ford. Ou encore, "Les Pionniers de la Western Union" (1940) de Fritz Lang, "L'Homme des vallées perdues" (1951) de George Stevens et  "Le train sifflera trois fois" (1951) de Fred Zinnemann.

De manière humoristique, mais très documentée, Goscinny a apporté sa contribution au genre western en réalisant, avec le dessinateur Morris, deux films d'animation, adaptés des bandes dessinées du personnage de Lucky Luke : "Daisy Town" (1971) et "La ballade des Dalton" (1977). Ceux-ci sont projetés à la Cinémathèque, dans une version récemment restaurée.

L'exposition est également l'occasion de rencontrer des amateurs de BD et de western. A l'image de Stéphanie Cléau, Bruno Podalydès et Blutch qui évoquent les Dalton, Lucky Luke, son cheval Jolly Jumper et le placide chien Rantanplan, dans le spectacle "Moi, j’aime pas Lucky Luke". De nombreuses animations sont proposées aux enfants : réalisation d'un court film en papier découpé, inspiré par l'univers de "L'homme qui tire plus vite que son ombre". Ou encore, inventent une aventure de Lucky Luke, à partir des décors du dessin animé "Daisy Town".


C'est en regardant le western de John Ford, "La chevauchée fantastique", que René Goscinny se consacre tout entier à son irrépressible désir de cinéma. Pour lui, les westerns fordiens - en particulier sa trilogie de la cavalerie (Le massacre de Fort-Apache/La charge héroïque/Rio Grande) - sont une source constante d'inspiration. Au milieu des années 1940, Goscinny réalise une série de caricatures de stars hollywoodiennes, que l'on retrouve plus tard, sous les traits de cow-boys, dans les albums de Lucky Luke. Le rêve de Goscinny devient réalité en 1973, avec la création des studios Idéfix. C'est la passion commune de Morris et Goscinny pour les westerns de John Ford, qui sera à l'origine des 37 aventures du "Poor lonesome cow-boy". Un héros inspiré du personnage de l'acteur Gary Cooper, dans "Le Cavalier du désert" (1940) de William Wyler.

Exposition "Goscinny et le cinéma : Astérix, Lucky Luke et Cie" - jusqu'au 4 mars 2018, à la Cinémathèque française à Paris. Puis, du 22 juin au 9 décembre 2018, à la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image à Angoulême

A voir également, l'exposition "René Goscinny, au-delà du rire", jusqu'au 4 mars 2018, au Musée d'art et d'histoire du Judaïsme à Paris