Un constructeur américain au salon nautique de Paris


Le salon nautique de Paris ferme ses portes le 10 décembre 2017. Parmi les 825 exposants, une seule entreprise américaine, Bennington Marine, basée à Carlsbad (Californie). Elle a été fondée en 1997, par des vétérans de l'industrie nautique américaine qui souhaitaient construire des bateaux de qualité, sans pour autant être gigantesques. Nous avons rencontré son directeur à l'international, Daniel Hahn.

Comment se positionne votre société sur le marché américain ?

Spécialisée dans les bateaux de luxe, notre société en construit 50 par jour et dispose d'un réseau de 300 revendeurs en Amérique du Nord. Aussi, nous sommes très heureux d'être présents au salon nautique de Paris, pour y faire connaître notre marque. D'autant que nos modèles semblent très appréciés, aussi bien par les revendeurs que par les acheteurs, pour leur confort et leur facilité d'utilisation. 

Quel est la situation actuelle du marché nautique américain ?

Aujourd'hui, le marché nautique américain s'est considérablement restreint, du fait d'un nombre important de ventes ces dernières années. Or, en Europe, notamment, dans le sud de la France, en Italie, en Espagne et en Allemagne, il connaît une forte expansion. D'où notre intérêt d'être présent à Paris. Car, durant ces 20 dernières années, ce marché était fermé pour les constructeurs nautiques américains. Or, nous nous sommes aperçus que le goût des consommateurs européens avait changé. Ces derniers souhaitaient des bateaux plus utilitaires, pour la croisière, la pêche, le ski nautique, etc. Ce qui nous a décidé à nous positionner sur ce marché.


Où sont localisés votre principaux clients ?

En France, principalement le long des bords de Seine et dans le Sud. Sinon, autour des lacs de l'Est européen, en Suisse et en Allemagne. Quant aux Etats-Unis, nous avons des clients dans chaque état, car la plupart d'entre eux possèdent des lacs. Tels la Californie, la Floride,
le Minnesota, le Missouri, le Texas et le Wisconsin.

Quelles sont les caractéristiques de vos bateaux ?

Ce sont des bateaux au design de coque très simple qui rend leur utilisation aisée sur l'eau, quelque soit l'état de la mer. La différence avec d'autres bateaux de cette nature, c'est que le pont supérieur comme la zone de navigation sont plus larges. Ce qui rend nos bateaux très confortables, contrairement à beaucoup d'autres produits concurrents de ce type.

Vos bateaux sont utilisables, aussi bien en mer qu'en rivière ? 
  
Ils sont principalement conçus pour une utilisation en rivière et sur des lacs. Cependant, nous pouvons facilement utiliser la technologie que nous avons développé pour une navigation en mer.  

Propos recueillis par Herve CIRET

Bennington Marine au salon nautique de Paris au Parc des expositions de la porte de Versailles - Hall Pavillon 4 - Stand 4 C 17

Johnny Hallyday : quelque chose en lui d'Américain



Dès son adolescence, comme beaucoup de jeunes de son époque, Jean-Philippe Smet rêve d'Amérique. Au début des années 1950, Elvis Presley est l'idole des jeunes teenagers américains et le rock fait son apparition aux Etats-Unis. Grâce à Lee Halliday (dont il empruntera le patronyme), le mari américain de sa cousine, le jeune Smet se procure des disques du "King" et de Bill Haley, importés des USA.

En 1962, à seulement 19 ans, Johnny Hallyday donne ses premiers concerts aux USA et chante sur le paquebot France, dans le port de New York, devant Jackie Kennedy, l'épouse du président américain. A Nashville (Tennessee), il enregistre l'album "Sings America’s Rockin’ Hits", composé exclusivement de titres en anglais, et est l'invité de la célèbre émission TV de variété le "Ed Sullivan Show".

Cette influence américaine explique pourquoi les premiers tubes de Johnny sont des adaptations de tubes d'outre-Atlantique. Tel "L’Idole des jeunes" (Teen Age Idol de Ricky Nelson) ou "Le Pénitencier" (The House of the Rising Sun des Animals). A partir du milieu des années 1970, Johnny Hallyday s'installe à Los Angeles (Californie), avec son épouse Sylvie Vartan et leur fils David, afin d'être être proche des studios d’enregistrement et des musiciens qui l'accompagnent en tournée

Entre virées à moto et concerts sur les scènes américaines, Johnny Hallyday prend goût à la vie américaine et fait de réguliers allers-retours entre la France et les Etats-Unis.  Mais, ce n'est qu'à la fin des années 2000 qu’il décide de s’installer définitivement à Los Angeles. En 2009, Johnny est plongé dans le coma, suite aux complications d’une opération au dos. En 2014, il se produit pour la dernière fois aux Etats-Unis, notamment, à San Francisco, New York et Boston, dans le cadre de sa tournée "Born Rocker Tour".

Côté cinéma, Johnny Hallyday n'a tourné qu'un seul western, un genre pourtant qu'il affectionnait particulièrement. Au point d'en regarder de temps en temps pour se détendre avant un concert. Bien que tourné en Camargue, au pays des chevaux et des gardians, "D'où viens-tu Johnny ?" (1963) n'est nullement un western. 

Il faut attendre "Le Spécialiste" (1969) de Sergio Corbucci (vidéo ci-dessous) pour voir Johnny endosser le rôle d'un pistolero venu venger son frère, lynché par les habitants d'une ville de l'Ouest, après le braquage d'une banque. Mais, l'acteur-chanteur est très déçu par le film. "J'étais très content de jouer les cow-boys, car c'était un rêve d'adolescent", raconte Johnny. "Mais, le réalisateur a créé une histoire de Johnny cow-boy, avec un cheval et un pistolet, ce n'était vraiment pas une réussite, mais, c'était marrant à tourner.




En 2016, Johnny Hallyday sillonne l'Ouest des Etats-Unis en moto, pour la dernière fois, en compagnie de ses copains bikers. Parti de La Nouvelle Orléans, il traverse la Louisiane, le Texas, le Nouveau Mexique, pour rejoindre Los Angeles, en Californie, via la fameuse Route 66. Un "West USA Road Trip" dont il regardait encore le film (voir extrait ci-dessous), la veille de sa dispa­ri­tion, le 7 décembre à 2017, à l'âge de 74 ans.

Le dernier voyage du bourlingueur des mots Jean d'Ormesson



Jean d'Ormesson - Janvier 2017 - @Joël Saget/AFP
"Tout le bonheur du monde est dans l'inattendu", a un jour déclaré le voyageur infatigable qu'était Jean d'Ormesson, décédé le 5 décembre 2017, à l'âge de 92 ans. En effet, bien que né à Paris, en 1925, ce fils de diplomate - du fait de la profession de son père - voyage dès l'âge de trois semaines, direction l'Allemagne, où il vit jusqu'à l'âge de 8 ans. Ensuite, le futur écrivain réside en Roumanie, où il apprend à skier dans les Carpates. 
 
A la veille de la Seconde guerre mondiale, son père étant nommé ambassadeur de France au Brésil, Jean D'Ormesson découvre l'Amérique du Sud. "Je me souviens du carnaval de Rio, de la plage d'Ipanema, alors vierge de constructions", témoigne-t-il en 2016, en fredonnant "Mamãe eu quero dá a chupeta…", un air entendu au carnaval de Rio qu'il a conservé en tête, malgré les années.
 
L'Amérique du Nord, Jean d'Ormesson s'y rend, en tant que haut fonctionnaire. Il est membre de la délégation française à plusieurs conférences internationales, notamment en 1948, à l'Assemblée générale des Nations unies à New-York. Evoquant les Etats-Unis, dans une interview en 2016, il avoue : "Ce pays me fait peur, car l’argent y a plus de valeur que la culture."

De 1950 à 1952, Jean d'Ormesson est secrétaire général de l'Unesco et fait partie ensuite de plusieurs cabinets ministériels de 1958 à 1965. Ce qui a fait voyager Jean d'Ormesson ? "Les noms des lieux", reconnaît-il. "Certains me rendaient fou, il fallait que j'y aille ! Comme Peschawar, au Pakistan, Mamallapuram, en Inde, ou encore Chichicastenango, au Guatemala." L'écrivain reconnaît être souvent parti sur un coup de tête. "Le vendredi soir, avec l'écrivain Jean-François Deniau, on pouvait décider d'aller à Rome. On roulait toute la nuit, on voyait le jour se lever à Portofino et on déjeunait place Navone, à Rome. On ne restait pas plus de huit heures et on repartait."

Son prochain grand voyage, Jean d'Ormesson l'envisageait en compagnie de son ami, l'historien et académicien Marc Fumaroli, qui a notamment enseigné à l'Université de Chicago. Après avoir sillonné l'Inde à ses côtés, l'écrivain voulait découvrir avec lui le Laos et le Cambodge. « Les lieux qui réunissent paysage et culture, voilà ce qui m'attire », avouait-il.

Tout Neil Young écoutable gratuitement en streaming


Tout Neil Young écoutable gratuitement en streaming sur internet jusqu'au 30 juin 2018 ! Ce n'est pas une fake news, mais bien la dernière idée incroyable du chanteur canadien. De ses premiers morceaux instrumentaux de 1963 "à la Shadows" (The Sultan/Aurora) avec son groupe The Squires jusqu'à son avant-dernier album "Peace Trail", Neil Young nous propose de voyager dans sa longue carrière, par disques studio et live interposés, en solo et aux cotés, notamment, du mythique Buffalo Springfield, de Crosby, Stills and Nash, et de son fidèle Crazy Horse.

Mais, soyez patients, tous les titres, loin s'en faut, ne sont pas encore numérisés sur la plateforme d'archives du "Loner". Notamment, ses 9 albums inédits en solo ou avec le "Cheval Fou" : Early Daze (1969), Roxy Live (1972), Homegrown (1973), Odeon Budakon (1976), Ocean Side/Country Side (1977), Boarding House (1978), Garage (1986), Live Freedom (1989), Toast (2001), Alchemy (2012).

La navigation dans les archives musicales de Neil Young se fait de manière chronologique, via le curseur d'une timeline ou les onglets de classeurs suspendus. A part les albums studios déjà connus, certains apprécieront de découvrir des enregistrements inédits, uniquement publiés dans le volumineux premier volet de ses archives. Egalement certains albums jamais édités en CD, comme "Time Fades Away" (1973), seul disque live composé uniquement de titres non enregistrés en studio. A l'image de Yonder Stands The Sinner ou Last Dance. En accès gratuit, les 40 titres du concert avec Crosby, Stills et Nash, de 1974, au stade de Wembley, à Londres. L'occasion aussi d'apprécier les trois chansons non passées à la moulinette du vocoder sur l'album "Trans" : Little Thing called Love, Hold On to Your Love, Like An Inca.

L'annonce de l'accès gratuit à ses archives, coïncide avec la publication de son dernier album, "The Visitor", enregistré avec le groupe Promise of the Real (voir vidéo ci-dessous) - mené par l'un des fils du chanteur country Willy Nelson - dans lequel Neil Young s'en prend violemment à Donald Trump.


Festival BD d'Angoulême 2018 : la sélection officielle évoque l'Amérique


Le festival international de la bande dessinée d'Angoulême vient de dévoiler les albums faisant partie de la compétition officielle de sa 45e édition (25-28 janvier 2018). Parmi les 70 titres en compétition, un seul western, "Happy Clem" (Dargaud), 4e tome de la série "Gus" de Christophe Blain. 

En revanche, le président du Grand jury, Guillaume Bouzard est un passionné du genre. Il est venu à la BD en lisant la série "Les Tuniques Bleues" et a proposé en 2017 "sa" version de Lucky Luke, avec l'album "Jolly Jumper ne répond plus" (Dargaud).

Cependant, parmi les albums sélectionnés, certains évoquent l'Amérique. A commencer par "Beverly" (Presque Lune éditions) du dessinateur et illustrateur Nick Drnaso, 28 ans, originaire de l'Illinois et vivant à Chicago. Son premier roman graphique, "Beverly", brosse le portrait sans concession d'une classe moyenne blanche américaine désenchantée. Avec son graphisme dépouillé, Nick Drnaso évoque Chris Ware ou Daniel Clowes.


Avec "Origines secrètes", 1er tome de la série "Black Hammer"  (Urban Comics), le scénariste Canadien Jeff Lemire et le dessinateur Britannique Dean Ormston nous plongent dans le quotidien d'une bande de super-héros mis en retraite forcée à la campagne. Ce qui les oblige à simuler une vie de famille tranquille pour paraître normaux. L'esthétique vintage du dessin est un hommage appuyé aux anciens comics américains.

"Dans l'antre de la pénitence" (Glénat), du dessinateur new-yorkais Ian Bertram (DC et Marvel) et du scénariste de nombreuses séries de comics, Peter Tomasi, proposent une histoire d'horreur psychédélique et macabre, inspirée par la maison hantée du ranch de Sarah Winchester, à San José (Californie), à la fin du 19e siècle et au début du 20e. Convaincue que des esprits allaient la tuer, une fois sa demeure terminée, la veuve du fabricant de la célèbre carabine à répétition dépense sa fortune, pour en poursuivre la construction, 24 heures sur 24, jusqu'à  sa mort 38 ans plus tard. Depuis, cette mystérieuse maison est devenue une attraction touristique, avec ses nombreux escaliers et couloirs menant nulle part.

Loin de la vision hollywodienne du Far-West, "La funèbre chevauchée de John Glanton et de ses compagnons de carnage", de la série "Scalp" (Futuropolis) par Hugues Micol, retrace la sinistre épopée d'un chef de bande, massacreur d'Apaches, entre Arizona et Texas. Pour empocher la prime de 200 dollars par indien, John Glanton prélève leur scalp et une oreille. Le trait charbonneux d'Hugues Micol exprime la violence de la folie sanguinaire de ce Texas Ranger reconverti en mercenaire, au service des Mexicains. 

Enfin, dans la sélection patrimoine, trois titres décrivent les travers de la société américaine : "C'est la jungle !" (Wombat) de Harvey Kurtzman, fondateur du magazine Mad, "Quartiers en guerre : New-York, années 1980" (CMDE) de Seth Tobocman et "Nouveautés à prix cassés" (Rackam) de Ben Katchor

Festival international de la bande dessinée d'Angoulême (Charente) du 25 au 28 janvier 2018

Etats-Unis-Europe : duels équestres au sommet


Le 2 décembre 2017, au salon du cheval de Paris, la première édition de la Riders Masters Cup voit s'affronter en duels les meilleurs cavaliers américains et  européens. A l'instar de la Coupe Davis pour le tennis et de la Ryder Cup pour le golf, cette compétition de saut d'obstacles se veut leur équivalent équestre.

A la tête de chacune des équipes, Robert Ridland qui dirige l'équipe nationale américaine de saut d'obstacles, et Philippe Guerdat, sélectionneur officiel de l'équipe de France, championne olympique à Rio, en 2016.

Chacune des équipes est composée de 9 à 10 cavaliers. Côté américain : Lauren Hough, Laura Kraut, Reed Kessler, Ken Farrington, McLain Ward, Quentin Judge, Andrew Kocher, Chloé Reid, Devin Ryan. Côté européen : les français Kevin Staut et Edward Levy, les belges Gregory Wathelet, Niels Bruynseels et Jos Verlooy, le hollandais Maikel Van Der Vleuten, l'italien Lorenzo de Luca, l'espagnol Sergio Alvarez Moya, l'allemande Laura Klaphake et le suisse Steve Guerdat.

L'équipe qui perd un duel doit annoncer en premier le nom du cavalier et du cheval choisis qui affrontera ceux de l'équipe adverse. L'équipe gagnante peut ainsi choisir la meilleure combinaison cavalier/monture pour espérer l'emporter. A la clé un prix de 250 000 euros. Cette première édition de  la Riders Masters Cup se poursuivra, le 28 avril 2018, aux Etats-Unis, à l'occasion des Longines Masters de New-York