Quelle était la relation de John Ford avec les Indiens ?


Deux passionnés des indiens et du western, Arnaud Balvay et Nicolas Cabos, sont retournés à Monument Valley, sur les lieux des plus mythiques westerns de John Ford, afin de rencontrer les derniers témoins de ces tournages qui ont debute en 1938. "Quand j'ai parlé de ce projet à une amie Navajo", raconte Arnaud Balvay, rencontré au salon du livre à Paris, "elle m'a dit qu'elle connaissait des indiens qui avaient tourné avec John Ford et qui pourraient me raconter des anecdotes. C'est comme ça que Nicolas Cabos et moi sommes allés interviewer ces Navajos et avons déroulé le fil de l'histoire."  

En effet, peu de cinéphiles ou d'historiens se sont intéressés à la relation entretenue par le réalisateur avec les indiens. "Notre livre aborde deux sujets : la relation de Ford avec les Navajos et, plus généralement, la représentation des indiens dans les films de ce réalisateur ", précise Nicolas Cabos. "Nous avons essayé de voir si cette représentation avait évolué au fur à mesure des tournages et des relations personnelles de Ford avec les Navajos."

Arnaud Balvay et Nicolas Cabos
Pour les auteurs, John Ford n'était ni pro, ni anti-Indien. "Il a fait", constatent-ils, "le premier western pro-Indien, Fort Apache, deux ans avant La Flèche Brisée de Delmer Daves. Ils se sont mutuellement respectés, mais il a toujours subsisté une distance entre eux, du fait de leurs cultures différentes et de leur timidité réciproque."

Selon Arnaud Balvay, "on essaie souvent de percevoir les indiens sous un angle politique et de parler de Ford sous un angle idéologique. Or, ce que les auteurs ont constaté, en enquêtant  sur place, c'est que c'était avant tout une relation de l'ordre de l'intime. "C'est cette intimité-là que nous évoquons dans notre livre. Et Monument Valley est devenue le lieu où s'exprime cette intimité entre Ford et les Navajos." 



"John Ford et les indiens" -  Arnaud Balvay et Nicolas Cabos - éditions Seguier                      Propos et photo recueillis par Herve CIRET

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