Revivez la grande aventure western du journal Tintin


Le 26 août 2016, soit un mois avant la date anniversaire de la création du Journal "Tintin", le 26 septembre 1946, les éditions Moulinsart et Le Lombard ont publié un hors-série de 777 pages retraçant, année par année, l'histoire de l'hebdomadaire des jeunes de 7 à 77 ans. 

Les lecteurs nostalgiques des années 1950 à 1980 y (re)découvriront des histoires complètes, certaines parmi les plus rares ou les plus légendaires parues dans  Tintin. Mais, aussi, des planches inédites en album qui trouvent ici une seconde jeunesse. Notamment, des histoires western. Telles celles du shérif Kid Ordinn, du cow-boy Wally Hondo, du trappeur Buddy Longway, des lndiens Yakari, Oumpah-Pah et Wapi. Mais aussi, celles moins connues, du lieutenant Burton, du médecin de l'Ouest Doc Silver, de Jed Walker, "l'homme qui croyait à la Californie". Et dans le registre comico-western, les facéties du grand Sachem Oeil-de-Taupe de la Tribu terrible et du Marshall d'André Franquin.


"La grande aventure du journal Tintin" (49 €) - Editions Moulinsart- Le Lombard

Dans l'ombre du photographe Edward Curtis


La bande dessinée western n'en finit pas de puiser ses idées de scénario dans l'histoire américaine. Cette fois-ci, c'est le photographe Edward Curtis qui a inspiré à Thierry Murat, ce "Etunvan, celui qui regarde" (Futuropolis). Cependant, il ne s'agit pas d'une biographie en BD de "l'attrapeur d'ombres", comme le surnommaient les Sioux. Même si le récit proposé est largement inspiré du vécu de ce célèbre photographe. 
 
Nous sommes en 1867. Joseph Wallace, 33 ans, père de famille et photographe, à Pittsburgh, sur la côte Est des Etats-Unis, rejoint une expédition scientifique mandatée par le gouvernement, qui se dirige vers les Montagnes Rocheuses. Son but : cartographier de nouveaux territoires et découvrir de nouveaux gisements d'or et de charbon, mais aussi de nouvelles terres à coloniser. Wallace a pour mission de photographier les régions traversées. L'occasion, pour la première fois, de côtoyer des Indiens Sioux Oglalas. Une rencontre qui bouleverse sa vie et sa manière de travailler. Au point que Wallace devient Etuvan, celui-qui-regarde, et dénonce, avec son appareil photo, le génocide amérindien. D'où le souhait, non plus de reproduire la réalité rencontrée, mais de la sublimer, afin de décrire la beauté d'un monde qui se meurt.

Entre la fin du 19e et le début du 20e siècle, Edward Curtis a entrepris un immense travail anthropologique, auprès de nombreuses tribus amérindiennes. Celui-ci s'est soldé par la prise de plus de 50 000 photographies, principalement des portraits, accompagnées de notes, d'enregistrements sonores et de films. Même si la démarche de Curtis n'est pas exempte d'idéalisation et de mise en scène - nombre de clichés ont été retouchés – son travail n'en demeure pas moins un témoignage inestimable sur des coutumes et des modes vestimentaires qui, sans lui, seraient aujourd'hui oubliés.


"Etunvan, celui qui regarde" de Thierry Murat chez Futoropolis                  Feuilletez quelques planches 

Lightnin’ Guy, un bluesman à la guitare éclairée


Guy Verlinde, alias Lightnin’ Guy, n'est pas américain, mais ce quadragénaire belge, à la voix cassée, est réellement habité par le blues-rock. Cet album - qui n'est pas le plus récent, deux autres ayant été publiés depuis - a cependant l'intérêt de proposer des titres attractifs, lorgnant habillement vers la musique country-folk et Americana. 

Ex-guitariste et harmoniciste du Maxwell Street bluesband de Chicago, Lightin’ Guy rend hommage à son ancien groupe, avec un premier morceau éponyme évoquant le groove du Mississippi qui résonne dans les têtes. Le reste de l'album fait la part belle aux guitares, entre morceaux rythmés et balades poignantes, telles ce St. Raphaël Blues, dans lequel la slide électrique dialogue avec l'acoustique.

Inspiré par la musique d'Elmore James et de Ben Harper, Lightnin’Guy est à voir en concert, au cours desquels il déploie une étonnante énergie appréciée de son public. C'est également un très bon compositeur, aujourd'hui reconnu comme un artiste majeur de la scène blues. Ce que confirme ce disque, "Inhale my world", même s'il est moins bluesy que  ses deux derniers opus, "Rooted in the blues" (2016) et "Better days ahead" (2015), également publiés par DixieFrog.


Lewis et Clark explorateurs d'un western fantastique


Un western fantastique, basé sur un fait emblématique de l'histoire américaine, l'expédition Lewis et Clark, en 1804. Voici l'originalité de cette BD traduite d'une série US ayant déjà fait de l'objet de trois tomes aux Etats-Unis. "Manifest Destiny" fait référence à la "Destinée manifeste", doctrine justifiant la conquête des territoires inexplorés de l'Ouest, au nom de la civilisation.  

Dans l'histoire ici proposée, lorsque le Président américain, Thomas Jefferson, accorde 2 500 dollars de budget à leur expédition,  le capitaine Merriwether Lewis et le lieutenant William Clark sont loin de se douter de ce qui les attend. S'ils sont préparés à affronter les Indiens, les deux explorateurs ne pensent pas se retrouver confrontés à des monstres terrifiants et voir leurs compagnons transformés en hideuses créatures, après avoir été contaminés par une étrange épidémie. Alors que les explorateurs collectent des animaux et topographient les lieux, ils se font attaquer par un centaure cannibal, mi-humain mi-bison, de plus de deux mètres de haut et des zombies végétaux qui pourrissent leurs victimes. 

Dans cette bande dessinée western, on ne compte plus les morts, le sang versé et les mercenaires au passé trouble. Les tensions entre pionniers français, soldats américains et éclaireurs indiens sont bien exploitées pour entretenir un suspens haletant. On attend la publication, en France, des tomes suivants de cette série.


"Manifest Destiny" - Tome 1 "La Faune et la Flore" - Chris Dingess (scénario) et Matthew Roberts (dessin) - Delcourt

Quand la BD rend hommage aux Indiens du Canada


Il y a 20 ans, le dessinateur André Juillard créait chez Dargaud le personnage de "Plume aux vents", jeune héroïne française qui épousait la cause des Indiens de la Nouvelle-France, dans le Nouveau monde. Jusqu'au 28 octobre 2016, le musée de l’émigration française au Canada, à Tourouvre (Orne) propose de découvrir plus de 40 planches originales de ce dessinateur, aux côtés de reproductions d'autres auteurs, également passionnés par les Amérindiens : Maryse et Jean-François Charles (Le pays des Illinois), Cromwell (Le dernier des Mohicans), Jacques Terpant (Capitaine perdu), Patrick Prugne (Pawnee). 

Cette exposition met en valeur les Amérindiens du Canada dans la bande dessinée, notamment, leur moyen de locomotion, le canot en écorce, dont un véritable exemplaire est présenté. Son but est de mieux faire connaître leurs modes de vie et leurs savoir-faire. D'autres objets Amérindiens, issus des collections du musée de l’émigration française au Canada, complètent l’exposition, qui se veut également un hommage aux qualités ethnographiques de la BD.
 
"Les Indiens du Canada dans la bande dessinée", jusqu'au 28 octobre 2016, au musée de l’émigration française au Canada, 15 rue du Québec, Tourouvre (Orne) - 02 33 25 55 55